Liste des notes de lecture des romans et autres ouvrages traduits

L'homme qui aimait les chiens

Léonardo Padura – Métailié
(traduction René Solis-Eléna Zayas)

 Lorsque l'on aime les chiens ce qui est mon cas, et que l'on découvre dans la vitrine de son libraire, un gros livre qui porte le titre " l'homme qui aimait les chiens ", on est interpellé. A la lecture de la quatrième de couverture, on constate que ce pavé de plus de six cent pages ne va pas nous décrire uniquement l'amour d'un homme pour ses compagnons à quatre pattes, mais va nous entraîner dans l'histoire du XXème siècle.
Ivan, un vétérinaire cubain, qui rêve d'être écrivain, réduit au silence par le régime de Castro, rencontre, en 1977, sur une plage, un homme énigmatique qui voue un amour immodéré pour les deux lévriers barzoï qui l'accompagnent. Au fil de leurs conversations, l'homme, âgé, malade, lui fait des révélations sur la vie de Ramon Mercader, l'assassin de Lev Davidovitch Bronstein dit Trotski. En 2004, il se décide à écrire, utilisant ces confidences, il retrace les années d'exil et d'isolement du révolutionnaire Trotski, depuis la Turquie, jusqu'au Mexique, il suit le parcours de Mercader, alias Jacques Mornard, jeune communiste catalan, son conditionnement par le KGB, qui le conduit à commettre l'un des crimes politiques les plus retentissant du XXème siècle.
A travers les personnages de Léonardo Padura, le lecteur découvre les les luttes internes entre les acteurs de la révolution russe, l'abandon des républicains espagnols par l'URSS, qui conduit au franquisme, les relations entre les deux grands assassins du siècle que sont Hitler et Staline, les mécanismes qui ont entraîné les millions de morts du Stalinisme, le conditionnement des individus, l'incidence de la chute du mur de Berlin sur la vie des cubains, privés de la manne soviétique.
En traitant ce tourbillon historique, par le biais du roman, d'une écriture à la fois sobre, précise et puissante, en créant des dialogues, en analysant les sentiments, les pensées, les souffrances, des personnages, l'auteur leur donne une consistance qui aident à comprendre le désastre que fût l'utilisation machiavélique de l'utopie communiste. Bien que le lecteur sache que Ramon Mercader va tuer Trotski, les chapitres qui montrent minutieusement le processus qui va le conduire à commettre ce meurtre sont d'une extraordinaire d'intensité.
Quel souffle dans ce formidable roman ! Joël C.

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