Liste des notes de lecture des romans et autres ouvrages traduits

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett – Jacqueline Chambon
(traduction Pierre Girard)

 Nous sommes à Jackson, Mississipi, au début des années soixante. L’esclavage a été aboli depuis presque cent ans mais la ségrégation l’a remplacé (les lois « Jim Crow »).
Kathryn Stockett montre une des facettes de cette ségrégation en racontant la vie de tous les jours d’employées de maison (des noires, comme Aibileen, Pascagoula, Minny, Yule May…) face à leurs maîtresses (des blanches, comme Miss Leefolt, Miss Hilly, Miss Celia…). Ces noires ne sont pas des souillons. Elles sont correctement vêtues, elles conduisent, elles font les courses, elles cuisinent, elles s’occupent des enfants, bref, elles s’occupent pratiquement de tout à la maison. Mais elles sont soumises. Elles acceptent brimades et humiliations sans se rebeller ouvertement. Mais une blanche – Miss « Skeeter » Phelan – va se rebeller à leur place.
Skeeter est une jeune fille mal dans sa peau. Elle revient de l’Université, elle ambitionne d’écrire. Elle commence par des recettes dans une feuille de chou locale mais comme elle ne sait rien de la cuisine ni de l’entretien de l’argenterie, elle se tuyaute auprès des « bonnes. » D’emblée elle comprend leurs souffrances et décide de les aider en écrivant et – chose impensable à l’époque – en publiant. Elle va réussir à trouver un éditeur (à New York). Mais elle ne peut pas se mettre à la place des bonnes.
Alors lui vient l’idée de les faire parler en tête à tête (les interviewer, en quelque sorte) afin de noter ce qu’elles subissent exactement, comme par exemple ce qu’Aibileen endure de Miss Hilly, mais aussi leurs petites joies, quand elles existent. Après bien des difficultés, dont les réticences de certaines qui ne veulent pas de l’aide de Skeeter, l’œuvre est achevée. Elle est publiée sous le titre Les Bonnes et a un tel succès que l’éditeur doit en faire des tirages supplémentaires.
À Jackson, les chosent vont se gâter car, bien que l’auteur soit « anonyme » et que les noms de lieux et de personnes soient empruntés, certains détails ne vont pas échapper à Miss Hilly (en fait, c’est la garce du roman). Alors… Mais nous sommes à la fin du roman de Kathryn Stockett, que je ne peux en aucun cas évoquer ici.
Quand j’ai entamé La couleur des sentiments, je me suis dit : « ça, c’est un truc pour bonnes femmes » (lectrices féminines, pardonnez-moi) mais j’ai vite changé d’avis. Ce roman est captivant, ce que je viens d’en dire n’est qu’un pâle résumé face à la richesse et la vérité de son contenu.
Et la traduction est exemplaire. À lire, n’hésitez pas une minute. Philippe P.

 Roman qui se lit vite malgré ses 500 pages. On reste parfois ahuri mais toujours révolté devant les conditions dans lesquelles vivaient et travaillaient ces femmes noires ; et on se dit que cela ne fait pas si longtemps que ce racisme soutenu par des lois existait. Il est donc bien que ce roman ait été écrit pour rappeler l'histoire aux plus jeunes et, espérons-le, contribuer à faire reculer le racisme. Spielberg est en train de tourner le film. Anne T.

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