Notes de lecture des romans francophones

Les heures silencieuses

Gaëlle Josse - Autrement

Les heures silencieuses est le premier roman de la poétesse Gaëlle Josse.
C'est un livre original. En effet, s' il est écrit comme souvent à la première personne, ici la narratrice est le sujet d'un tableau, une œuvre de Emmanuel De Witte, peintre de Delft contemporain de Vermeer (XVIIème),

qui représente l'intérieur d'une riche demeure avec une femme jouant du clavecin[1].
Dans ce roman, rédigé comme un journal intime, la narratrice raconte que l’œuvre est son portrait, commandé par son mari, un riche armateur, et en explicite les différents éléments.  C'est au travers de cette longue confession que le lecteur découvrira en particulier pourquoi le sujet a fait le choix d'avoir posé de dos et extrêmement discrètement,  plutôt qu'au centre et faisant face au peintre (et au spectateur) ou de profil, comme dans la plupart des tableaux contemporains, voire même probablement la totalité des portraits commandés par les mécènes de l'époque pour magnifier leurs épouses.

Avec une écriture épurée et des phrases simples comme si elles étaient spontanées, Gaëlle Josse nous offre un joli monologue sensible et romantique, qui plonge le lecteur dans  la vie et dans l'âme d'une grande bourgeoise commerçante de la Hollande du grand siècle, avec ses fastes mais aussi les douleurs de la condition (éternelle?) de femme. Charles D.


[1] ce tableau est visible au Rijswijk Museum d'Amsterdam ; on en trouve la reproduction sur internet

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