Notes de lecture des romans francophones

Magnus

Sylvie Germain - Folio

Grand roman, intense, bouleversant. Magnus, enfant perdu aux origines oubliées, noyées dans le flot de la barbarie de la guerre. Peu à peu, il rassemble quelques morceaux de son histoire, lui reviennent par flash des images terribles d'une journée d'apocalypse qui le ramène à ce jour maudit de l'été 1943, à Hambourg où les puissances alliées décidèrent de lancer l'opération Gomorrhe en anéantissant la ville et ses habitants. Longtemps réfugié dans l'amnésie de l'enfance, puis dans la fuite, l'amour le sauve à deux reprises, avant que la solitude ne l'engloutisse, débarrassé des attaches terrestres. Prix Goncourt des lycéens 2005 : quelle densité, quelle écriture, quel chef d'oeuvre ! Michèle K.

Magnus, c’est le nom d’un ours en peluche, seul témoin des années d’enfance de Franz-Georg dont toute une partie de la vie s’est effacée de sa mémoire à la suite d’une maladie. Ce roman est d’abord une quête d’identité, l’élaboration d’un puzzle compliqué dont les morceaux sont retrouvés un à un dans l’histoire de sa famille qui se confond avec celle de l’Allemagne nazie. C’est l’histoire d’une vie où tous les pans semblent s’effondrer au fur et à mesure que la vérité apparaît. Franz-Georg devient Magnus, comme pour s’écarter de ce personnage dont le sol se dérobe sous les pieds au fur et à mesure qu’il avance. La quête de l’identité, mais aussi de l’amour, de l’espoir, se heurte aux tortures de la vie.
Sylvie Germain, qui est professeur de philosophie, sait explorer l’âme humaine avec des mots qui retiennent le lecteur page après page. Son écriture est remarquable, et la profondeur des thèmes dans lesquels elle nous emmène fait de ce livre une œuvre littéraire de tout premier plan. Jean-Claude T.

Commentaires  

 
# Anne F. 30-03-2013 10:45
Tout a fait d'accord avec cette analyse, mais je trouve que la première partie du livre sur l'enfance du narrateur est superbe, alors que j'aime moins la seconde partie, où le narrateur découvre au fil des événements son identité : il arrive beaucoup trop de drames et d'épreuves pour que cela soit crédible. Peut-être alors faut-il le prendre comme un conte ?
De toute façon l'écriture est remarquable et très forte et je conseille vivement ce livre tout de même. Anne F.
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