Notes de lecture des romans francophones

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus

Eric-Emmanuel Schmitt - Albin Michel

Madame Ming est dame pipi dans les latrines masculines d'un grand hôtel de Yunhai, dans la province de Guangdong, en Chine. C'est dans cet endroit insolite que le narrateur la rencontre entre deux négociations avec une compagnie de jouets.
Les deux personnages en viennent à parler de leurs enfants. Madame Ming prétend en avoir dix, mais cela est-il possible dans le pays de l'enfant unique ? Est-elle une mythomane, une menteuse compulsive ou une affabulatrice ?
Au fur et à mesure des conversations, au fil des mois et des voyages du narrateur en Chine pour acheter des jouets, se crée un lien singulier entre l'européen et la chinoise.
Le narrateur est initié notamment à la philosophie millénaire de Confucius qui ressurgit à travers les pensées sous forme d'aphorismes et les conseils de la dame pipi.
Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus est le sixième volet du « cycle de l'invisible » - dont sont issus entre autres Oscar et la dame rose et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran - qui situe à nouveau son action en Asie, après le récit du Sumo qui ne pouvait pas grossir.
C'est sous le signe de l'enseignement et de la sagesse de Confucius que s'inscrit ce nouveau texte.
Comme souvent avec les livres d'Eric-Emmanuel Schmitt, le style est épuré et simple - pour ne pas dire simpliste -. Il est d'ailleurs légitime de se demander à qui s'adressent ces courts récits qui sont d'un abord très facile et qui prémâchent certains discours philosophiques de façon partiale en utilisant beaucoup de lieux communs.
Peut-être serait-il préférable de classer Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus dans le rayon « littérature jeunesse » - sans aucun procès d'intention ! -, car reconnaissons tout de même à ce récit des qualités pédagogiques bien que fort édulcorées et d'autres morales assez intéressantes. Cette étiquette serait certainement plus honnête et donnerait une autre valeur aux différents récits du « cycle de l'invisible ».
La narration des particularités des enfants de Madame Ming est parfois amusante - notamment celle de sa fille qui avait pour projet dès sa plus tendre enfance de tuer Madame Mao - mais l'auteur ne fait que survoler ces histoires, frustrant et décevant le lecteur.
Le livre se lit rapidement, néanmoins il n'en reste pas grand chose à la fin. Si l'intention est bonne, l'idée originale et le principe philosophique louable comme souvent chez Schmitt, l'écriture et la structure du récit ne sont pas vraiment à la hauteur.
D'un point de vue strictement littéraire le roman ne révèle aucune ambition et ne présente aucun intérêt pour un lecteur adulte. Frédéric A.A.

Retrouvez toutes les chroniques de Frédéric sur son blog :http://faranzuequearrieta.skyrock.com/

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