Notes de lecture des romans francophones

Le dit de Tianyi

François Cheng – Albin Michel

 Tianyi est un peintre chinois, né en 1925 au pied du mont Lu. Il va connaître tous les bouleversements politiques de la Chine, de la guerre sino-japonaise à la révolution de Mao ; les bouleversements de l’âme aussi, avec en toile de fond une passion entre trois êtres, perturbée par des drames dignes d’une tragédie romantique. Tianyi sur la fin de sa vie confie au narrateur les tablettes sur lesquelles il a déroulé le récit de sa vie.
François Cheng est lui-même un chinois émigré en France en 1948, passionné de littérature, et qui est élu membre de l’académie française en 2002. Poète et romancier, il propose un récit tour à tour conte poétique, analyse de la philosophie chinoise ou de la peinture européenne, reportage saisissant de réalisme sur les camps des gardes rouges… Il y a de nombreuses facettes dans ce roman, ce qui le rend passionnant à lire. D’autant plus que la remarquable écriture de François Cheng est un modèle du genre : poétique lorsqu’elle décrit les paysages et les brumes du mont Lu, incisive lorsqu’elle nous plonge dans l’horreur de la vie des condamnés des camps de Mao, sobre et ciselée lorsqu’elle nous emmène dans la découverte des traditions chinoises ou de la peinture européenne pour laquelle Tyanyi éprouve une passion qui lui vaudra la suspicion qu’on imagine de la part des autorités chinoises des années 60 !
On se laisse emmener dans les 400 pages du livre sans jamais avoir la tentation de la diagonale, grâce à cette écriture limpide, précise et poétique. Un très beau roman qui a obtenu le prix Femina en 1998. Jean-Claude T.

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