Notes de lecture des romans francophones

La vérité sur l'affaire Harry Québert

Joël Dicker - De Fallois

Six cent soixante cinq pages. 2012 : l’Académie Française d’abord, puis le Goncourt des Lycéens, et un bon « buzz » médiatique… Ce roman – policier, thriller mais pas trop – se lit jusqu’à la dernière page (il n’est pas interdit d’en survoler quelques unes) puisqu’il faut bien connaître le fin mot de l’histoire.

En l’occurrence, savoir enfin par qui, pourquoi, comment etc. a été tuée Nola, dont les restes viennent d’être retrouvés par hasard et quelques dizaines d’années après sa disparition (elle avait quinze ans à l’époque), enterrés dans le jardin d’une maison d’Aurora, New Hampshire. Hélas pour Harry Quebert, professeur à la retraite et écrivain célèbre, la maison est la sienne. Bref, il est inculpé et envoyé derrière les barreaux.
C’est alors qu’un chevalier blanc, Marcus Goldman, un homme jeune qui entretient une relation d’amitié avec Harry et lui voue une sorte de culte (il a été un de ses élèves, il écrit, il ambitionne furieusement de devenir un auteur au moins aussi célèbre que lui), entreprend la croisade de sa vie pour démontrer l’innocence de son mentor (et, au passage, pour écrire un best seller). Pour ce faire, il doit remonter dans le temps, fouiller, interroger, débusquer, et il ne peut le faire sans un minimum de support du côté de la police. C’est difficile au début, mais Marcus est très fort, très convaincant, il va même trouver le moyen de faire équipe avec un policier de son âge, qui n’a donc rien connu des faits de l’époque mais qui va ressortir des dossiers et mettre dans le coup deux enquêteurs retraités… justement ceux qui s’étaient trouvés en première ligne lors de la disparition de Nola.
Nous sommes donc dans un schéma « Cold Case » classique dont la mécanique eût pu se dérouler simplement et très efficacement, car le design de Joël Dicker ne comporte aucune faille, aucun raté, aucune contradiction dans sa dynamique de bout en bout, et ceci est une vraie réussite à saluer, d’autant plus que le New Hampshire en est le théâtre. Mais voilà, pourquoi trop de répétitions ? Les retours en arrière, on les admet, ils sont nécessaires, mais à cette dose… Et ces digressions politico-sociétales américaines qui ne cassent pas deux pattes à un canard ?  Et ces sortes de maximes sur le dur labeur de l’écrivain placées à chaque début de chapitre...
Bien. Ce roman se lit sans difficultés. Du reste, il n’en comporte aucune de style littéraire. Et, nonobstant les réserves ci-dessus, le Goncourt des Lycéens n’est pas trop questionnable. Mais, le prix de l’Académie… je m’interroge. Ceci dit, ce n’est que mon humble avis. Philippe P.

Je partage totalement l'avis exprimé ici par Philippe : un roman policier sympa et "qui pète le feu", qu'on lit sans répit de bout en bout,et dont on ne s'étonne pas qu'il ait plu aux jeunes du Goncourt des Lycéens ( mais l'Académie Française, diable !)... Charles D.


 

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