Notes de lecture des romans francophones

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Jean Echenoz - Editions de Minuit

Au début, l’ambiance est bucolique, insouciante. Et puis on apprend que la guerre est déclarée. Les jeunes du village se préparent avec la même insouciance, leurs proches ne sont pas inquiets, la guerre ne va pas durer… Ils partent la fleur au fusil.

Le récit est sobre, presque léger, même lorsque petit à petit  on bascule dans l’horreur : les pires choses se racontent de façon  naturelle, presque évidente ! Les hommes sont coupés en deux ; les gamins, poussés par l’horreur de ce qu’on leur fait subir, sont fusillés sur ordre par leurs propres copains s’ils essayent  de s’éloigner des  tranchées… On en vient à se réjouir d’un bras coupé qui permet à l’un des protagonistes d’échapper à la guerre et à la mort !
Jean Echenoz, sur un ton volontairement factuel, presque léger, réussit à faire de ce court roman l’une des plus belles diatribes contre l’absurdité intégrale de cette boucherie, en banalisant l’horreur et nous la rendant ainsi encore plus insupportable. Un grand petit roman qu’on devrait faire lire dans les classes d’histoire…
Jean-Claude T.

 

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