Notes de lecture par auteurs

Charleston Sud

Pat Conroy – Albin Michel
(traduction Marie-Lise et Guillaume Marlière)

 Un gros, un très gros pavé (795 pages en Livre de Poche) paru en 2009, une saga, en fait, qui commence en 1969 à Charleston, ville mythique de Caroline du Sud (Autant en emporte le vent…) tout comme Savannah (Minuit dans le jardin du bien et du mal…), et s’y termine en 1990. À peu près au milieu du roman, on quitte temporairement le charme de Charleston et les petites histoires des uns et des autres pour affronter du glauque à San Francisco, car c’est là que Leo King (le narrateur) et sa bande de potes de Charleston sont partis pour retrouver Trevor Poe (drogue, homo, sida et tout) à la demande de sa sœur, Sheba. Et ils le retrouveront, après maintes visites de bas-fonds et le ramèneront à Charleston.
Leo King n’est pas un enfant de chœur. Au début du roman on apprend qu’il livre des journaux chaque matin pour purger une peine de travail d’intérêt général après avoir été pincé en compagnie d’une trop forte dose de cocaïne. Mais on comprend que c’était un accident et qu’il n’est pas pour autant un voyou. Ce n’est même pas un agité du bocal, d’ailleurs, sa famille… mais ce serait trop long à expliquer.
C’est aussi par accident qu’il a fait la connaissance non seulement de Trevor mais aussi de Sheba, une beauté vénéneuse promise au cinéma et déjà bien branchée sur le zizi-panpan malgré son jeune âge (d’ailleurs, il en a vite fait l’expérience). Et puis, autour de Leo, Trevor et Sheba, gravitent de nombreux personnages, qui ont connu à divers degrés l’école, le lycée, le football à Charleston (dont Molly, Chad, Ike, Betty et bien d’autres) et qui constituent le microcosme très attachant de Leo. Sans parler de Charleston, Caroline du Sud !
L’ouragan Hugo et puis la fin, une sorte de thriller… à découvrir… Charleston Sud, malgré quelques (inutiles ?) digressions et certaines maladresses stylistiques (dues à la traduction, je pense) est une superbe œuvre de Pat Conroy, qui ne risque pas de vous tomber des mains. Philippe P.