Notes de lecture par auteurs

Marina

Carlos Ruiz Zafon – Robert Laffont
(traduction François Maspero)

 A Barcelone, dans les années 80, le jeune Oscar vit et étudie dans un pensionnat. Ce dernier a pour habitude de s’enfuir régulièrement pour explorer la ville. Fasciné par les vielles villas abandonnées à l’ambiance plutôt morbide, Oscar va s’aventurer dans l’une d’elle. Mais celle-ci semble habitée, une douce mélodie à la voix féminine s’en échappe. Hypnotisé par cette atmosphère Oscar visite la villa et alors qu’il trouve un objet brillant, une montre qu’il prend pour l’analyser de plus près, une personne surgit. Pris de panique il s’enfuit en emportant la montre.
De retour au pensionnant, il va vite être pris de remord et décide de remettre la montre à sa place. C’est au cours de cette  nouvelle escapade qu’il rencontre Marina. Entre eux va naitre une tendre complicité.
Tous deux vont poursuivre ensemble les virées dans Barcelone, mais leur curiosité va les mener sur des terrains glissants. La découverte d’une tombe sans nom sur laquelle est gravé un papillon noir les entraine dans une enquête des plus sordides.
Ce roman, le précise l’auteur est un de ces premiers, il l’a écrit comme ceux qu’il aimait lire plus jeune.
On retrouve les descriptions d’une Barcelone très sombre, une ambiance glauque, brumeuse telle  que Zafon nous y a habitué, mais celle-ci sont nécessaires et appréciées pour pénétrer dans l’atmosphère du roman.
Le personnage principal, Oscar que l’auteur a sur rendre attachant et la douce mais mystérieuse Marina emmène le lecteur dans cette sordide histoire.
La construction du récit, tel un roman policier, mais avec en fond des histoires d’amours impossibles Un bon roman, entre tragédie  et fantastique, qui ne laisse pas indifférent et que j’ai préféré au précédent. Sylvie T.


 

Le jeu de l’ange

Carlos Ruiz Zafon – Robert Laffont
(traduction François Maspero)

 J’avais beaucoup aimé « L’ombre du vent », et comme tout le monde, j’attendais le nouveau bébé de Carlos Ruiz Zafon avec un intérêt certain ! Hélas, Zafon nous livre une sorte de remake, avec tout son talent d’écrivain, mais avec les mêmes ficelles. Dans la Barcelone des années 20, David, un jeune écrivain, accepte un étrange contrat qui va le mener de dangereuses péripéties en scènes de crime qui vont se multiplier au fil des 540 pages. Mêmes recettes que pour le roman précédent (on entame le récit avec une visite au cimetière des livres), mais cette fois-ci, Zafon en fait trop. On passe d’un roman subtil (L’ombre du vent) à un thriller un peu trop dégoulinant. Certes très bien écrit, et qui sans aucun doute va rattraper le précédent au hit-parade des ventes. Mais Zafon, en voulant reprendre la même recette, s’est oublié sur le sel et le poivre... Jean-Claude T

L'ombre du vent

Carlos Ruiz Zafon - Grasset
(traduction Nelleke Geel)

 Il ne faut pas se raconter d'histoire. Quand on tombe sur un bouquin qu'on ne lâche pas durant 500 pages, bien écrit, bien construit, autour d'une histoire haletante de livre et d'écrivain mystérieusement disparu, on ne boude pas son plaisir.
Ce véritable polard où le moteur n'est alimenté ni par la drogue, ni par l'argent, ni par le sexe, part du "Cimetière des livres oubliés", où dans un démarche initiatique, un père conduit son fils qui devra choisir un ouvrage dans un rituel transmis de génération en génération. Sur toile de fond d'une Espagne d'après-guerre polluée par le franquisme, le narrateur, troublé par le roman, passera son adolescence et sa jeunesse, à rechercher cet écrivain dont le destin se croisera étrangement avec le sien. Quelques longueurs, bon, on pardonne. Voilà pour les réserves. Pour le reste, en progressant dans cette jungle aux multiples surprises, on se retrouve dans une histoire où se mélangent harmonieusement les genres : du polar à la saga familiale en effleurant le fantastique, un parcours étrange et dangereux pour arriver à une histoire peut-être pas si surréaliste que ça ! Un excellent bouquin pour les vacances, avec tous les ingrédients nécessaires y compris, ce qui est rare, une belle qualité d'écriture. Jean-Claude T.