Notes de lecture par auteurs

Le sel

 

 

Jean-Baptiste Del Amo – Gallimard

 Un  dîner va réunir chez Louise ses enfants et leur famille. Il va donner l'occasion à chacun de faire remonter des souvenirs, mais surtout de mettre à nu beaucoup de regrets, de déchirures intimes, de frustrations et de mélancolie. Entre Louise, veuve d'un pêcheur de Sète, son fils Albin, autoritaire et fermé comme son père,en rupture avec sa femme Emilie, Fanny, sa fille détruite par la perte de sa propre fille Léa, et Jonas, souffrant de sa rivalité avec Albin, et qui doit assumer son homosexualité et la perte de Fabrice, son premier compagnon, le portrait de famille est noir. Mais il fait ressortir beaucoup de sentiments mitigés et analyse les rapports familiaux d'une façon très réaliste. Jeune auteur de talent, Jean-Baptiste Del Amo écrit d'une façon aussi riche et percutante que dans son premier roman (Une éducation libertine), avec lequel il avait obtenu le prix du premier roman. Mais comme dans ce premier ouvrage, il écrit d'une façon tellement impudique et crue que malgré son grand talent d'écrivain, il peut mettre mal à l'aise les lecteurs tant ses descriptions de la maladie, de la déchéance physique, des pulsions sexuelles ou des contraintes du corps en général sont faites avec un très grand réalisme dans lequel il semble se complaire. Sans doute trop pudique pour ne pas être gêné, j'ai moyennement apprécié ce roman malgré la qualité de son écriture et de ses analyses des rapports humains. Jean-Claude T.

 Très beau roman sur l'analyse des sentiments, des rancoeurs et des regrets de la vie. Il est vrai que l'auteur est très impudique et nous raconte jusqu'aux détails trés intimes. On peut être choqué devant tant de réalisme, mais cela ne me gêne pas, et je trouve beau de pouvoir décrire les choses de la vie  telles que nous les vivons ou pourrions les vivre.
Ce livre m'a donc beaucoup touchée et c'est essentiel pour moi dans l'appréciation. Anne T.

 

 

 

Une éducation libertine

Jean-Baptiste Del Amo – Gallimard

 Un succès pour cet ouvrage qui vient de recevoir le prix Goncourt du Premier Roman ! On plonge dans cette histoire, surpris il est vrai par une écriture très particulière, foisonnante d'images et de descriptions, un style très mature pour ce jeune auteur de 26 ans ! Hélas, dans un univers glauque et puant, celui d'un jeune breton découvrant la vie parisienne et la prostitution dans les années 1760, le style passe vite de foisonnant à débordant et dégoulinant. Dégoulinant d'images, d'odeurs et de situations insoutenables qui donnent envie d'accélérer la lecture pour sortir le plus vite possible de ce cauchemar. L'auteur a voulu en faire beaucoup ; il en fait beaucoup trop. Dommage, car on soupçonne qu'il peut avoir un vrai talent ; espérons qu'il le mettra au service d'histoires mieux maîtrisées évitant de se complaire dans le sordide. Jean-Claude T.