Notes de lecture par auteurs

La carte et le territoire

Michel Houellebecq – Flammarion

 Prix Goncourt, donc. En connaît-on les raisons ? Supérieur aux autres roman en lice ? Notoriété de l’auteur ? Parce que le Goncourt avait déjà trop raté M.H. et qu’ils devaient se rattraper ? Pour ma part, je n’y ai trouvé qu’un roman agréable à lire, sans complications grammaticales ni tournures ésotériques, avec de belles trouvailles (comme s’emparer de cartes Michelin pour en faire des dérivés artistiques) et un déballage high-tech (sauf à propos de Bill Gates et Steve Jobs) qui relèverait de la cuistrerie s’il ne s’agissait de peinture « sociétale » (du moins est-ce ma compréhension).
Et pourquoi Jean-Pierre Pernaut ? Autant la mise en scène du couple Gates et Jobs m’a séduit, autant celle de Jean-Pierre Pernaut m’a déçu. L’ayatollah Morandini, par exemple, eût fourni à Houellebecq un bien meilleur totem. Ah, les choses se corsent à la page 273, avec l’arrivée du commissaire (Jasselin) sur une scène de crime, et quelle scène ! Mais comme je sortais d’un très bon Fred Vargas (Un lieu incertain) où le commissaire (Adamsberg) est confronté à une scène de crime du même tonneau, et que ce Fred Vargas date de 2008, je me suis demandé si par hasard… Mais bon, M.H. a déjà été suffisamment suspecté de plagiat pour ne pas en rajouter. Au demeurant, ce n’est peut-être qu’une simple coïncidence.
Houellebecq dérange, c’est sûr. Mais comme il est déjà loin, Laurent Gaudé et Le Soleil des Scorta ! Philippe P.