Notes de lecture par auteurs

Il était une fois peut-être pas

Akli Tadjer – JC Lattes

 Mohamed a élevé seul sa fille. Pas seulement papa poule, il éprouve un amour exclusif et absolu pour Myriam. Aussi lorsqu’elle lui annonce la venue de son petit copain, c’est un orage qui s’abat sur la tête de Mohamed. De plus, un « blanc comme la cuvette des chiottes » qui s’appelle Gaston Leroux ! Avant même de le connaître, Mohamed le déteste. Et puis Myriam lui impose sa présence dans l’appartement, avant elle-même de disparaître, laissant face à face les deux hommes. Tous les deux un peu à la dérive, passeront de la haine à l’amitié…
On l’aura compris, c’est à la fois une confrontation digne des plus grands classiques du théâtre, et un roman plein de sensibilité et d’humour. Il y a du San Antonio dans la forme et dans les formules, mais une certaine profondeur dans l’analyse des rapports humains et plus sérieusement sur le fanatisme et la tolérance, lorsqu’on aborde les problèmes de l’islam.
Le ton est bourru, drôle, sensible… Et Mohamed un personnage attachant, qui dans ses moments de solitude, raconte sa propre histoire aux peluches de Myriam, les témoins de son enfance, et aujourd’hui le seul lien avec sa fille absente. Ce sont donc deux histoires dans l’histoire, l’une plus légère, l’autre plus dramatique, écrites avec une verve qui rend ce roman très attachant. Un livre que l’on n’a pas envie de lâcher, de la première à la dernière page. Jean-Claude T.