Notes de lecture par auteurs

Où on va papa ?

Jean-Louis Fournier - Stock    

L’auteur a deux enfants handicapés et leur écrit un livre sous forme de réflexions d’une page, livre qu’ils ne pourront jamais lire. Ce sont des images de la vie de tous les jours avec les frustrations des parents d’enfants handicapés tournées en dérision. C’est plein de sensibilité, d’humour à la Desproges, dont l’auteur était l’assistant. On discerne la détresse que peuvent ressentir  les parents face au problème de ces enfants, et malgré le ton du livre, ce n’est pas drôle tous les jours. Un livre attachant. Anne T.

Pour ma part, j'ai moins apprécié ce livre-témoignage. Sans doute parce que j'ai du mal à aller aussi loin dans l'humour cynique sur un sujet aussi difficile. J'aime beaucoup Desproges, qui fait partie de l'univers de Jean-Louis Fournier. Il m'a presque toujours fait rire, même dans ses propos les plus cyniques. Mais nous ne sommes plus dans le monde de l'auto-dérision : le sujet est sans doute trop violent pour arriver à endosser le costume du clown. Cela dit, je respecte tout à fait la démarche et le talent de l'auteur. A chacun sa thérapie. Pour ma part, je me suis senti mal à l'aise. Jean-Claude T.

Poète et paysan

Jean-Louis Fournier - Stock

 Jean-Louis Fournier, l’auteur de (entre autres) « Où on va, papa ? » nous propose cette fois-ci un roman court, où les ignorants des choses de la terre apprendront ce qu’est un « fourchet », comment se comporter vis-à-vis des vaches, dompter un tracteur récalcitrant, évoluer dans le purin, le fumier, la bouse, la glèbe etc. Le « je » (Fournier ?) dit : « Son père aurait été poissonnier, je reprenais la poissonnerie. » Le père en question est celui d’une étudiante dont « je » est tombé follement amoureux. Mais le père est paysan. Donc « je » décide de reprendre la ferme. Il quitte Paris et sa confortable condition d’étudiant (mais la demoiselle y reste) pour aller se fourvoyer dans l’agriculture. Lui qui se voyait « gai laboureur » va vite déchanter comme par exemple face à la betterave : « Le ciel est bas, il pleuviote. La terre est couverte de betteraves jusqu'à l'horizon, il y en a des milliers. Il va falloir toutes les arracher. » Sans parler du tracteur – un monstre.
Voilà, c’est très plaisant, plein d’humour et de poésie. Néanmoins, il brosse un tableau assez sinistre de la vie d’un paysan subalterne (mais n’oublions pas qu’il a commis une grossière erreur). Le style est celui de Fournier, de courtes phrases la plupart du temps, et plein de précision. J’ai aimé et je recommande. Philippe P.