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Rencontre avec Bruno Tessarech

Bruno Tessarech est un auteur avec qui on aime parler ! Il se dégage de lui autant de force et de conviction que de gentillesse, de simplicité et d’empathie pour ses interlocuteurs. On le sent totalement imprégné du difficile sujet traité dans son dernier roman : l’histoire de ces rares témoins de l’extermination des juifs, qui se sont heurtés au refus de savoir du reste du monde.

Bien qu’extérieur à la communauté juive, comme il le rappelle lui-même, cette obsession du silence devant le drame de la Shoah hante Tessarech depuis longtemps. 
« J’avais été interpellé par l’histoire de Malaparte » explique-t-il en préambule.
Un ouvrage qu’il a publie en 2007 est consacré à l’histoire de ce journaliste italien, intégré dans l’armée allemande, et qui va jouer le double jeu : diffuser les informations officielles, et dissimuler au péril de sa vie une quantité de notes qui lui serviront à restituer les atrocités nazies dont il a été témoin.
« Kaputt est sans doute le plus grand roman qui ait été écrit sur cette période, affirme Bruno Tessarech. Le plus grand et le plus insoutenable ! Eh bien là je me suis posé vraiment des questions : Malaparte parle des atrocités de la guerre, mais pas un mot sur l’extermination des juifs ! Vous rendez-vous compte ? Malaparte, qui était au sein de l’armée allemande ne savait pas ! ». Obsédé par cette incroyable chape de silence entretenue par les dirigeants du monde entier, Bruno Tessarech se lance dans une recherche approfondie sur le sujet.
« Une chose me hante toujours, avoue-t-il : il n’y avait peut-être que trois ou quatre personnes, extérieures à l’organisation nazie, qui ont su, et personne ne les a crus ! Parce que ce sont des faits qui étaient trop dérangeants pour être admis… Or cela concerne nos parents, et nos grands parents, et c’est mon pays ! ».

L’auteur des Sentinelles est extrêmement ému lorsqu’il évoque son roman. Une véritable blessure associée à des faits inimaginables : lui-même essaye de comprendre comment le monde entier a ignoré l’extermination des juifs.
« Il est vrai que les camps, mis à part Auschwitz, étaient sur la frontière est de la Pologne, hors de portée des avions allés. Et les participants à la «solution finale» étaient menacés de mort s’ils parlaient »…
Ceux qui savaient, comme Jan Karski (dont la vie fait l’objet d’un autre roman, couronné cette année par le prix Interallié), étaient très peu nombreux, et n’ont jamais pu se faire entendre par les dirigeants des pays de l’ouest, que ce problème dérangeait.
« Pensez, explique Tessarech, que mon roman commence avec la conférence d’Evian. Vous connaissez la conférence d’Evian ? Oui, mais pas la même ! Personne ne connaît celle qui s’est tenue en 1938, et qui était censée résoudre le problème des réfugiés qui fuyaient l’Allemagne nazie. Pas un seul chef d’Etat, ni même un ministre… des sous-fifres, qui se sont lavés les mains de ce sujet embarrassant, et ont fini par se mettre d’accord sur la conclusion suivante : c’est le problème de l’Allemagne, c’est à elle de trouver la solution ! » 

Bruno Tessarech a souhaité publier ses recherches sous la forme d’un roman historique, afin d’en faciliter la lecture. « Je suis un passeur », explique-t-il humblement. Mais il est avant tout un humaniste, révolté par l’oubli, le refus de savoir et la banalisation du mal.
« La lecture des Bienveillantes m’insupporte, avoue-t-il ; on n’a pas à expliquer ou justifier de tels actes ! ».
Il avoue aussi avoir eu beaucoup de difficultés à sortir ce cette période d’investigations et d’écriture, totalement bouleversé par son sujet.
« J’ai commencé à travailler sur un nouveau roman, mais j’ai du mal : je n’arrive pas encore à écrire les premières pages… ». Jean-Claude T .

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